musique

Genre(s) : J-pop État : Prévu
Wednesday Campanella – Weird hip pop

Wednesday Campanella – Weird hip pop

Article écrit par Super Frigo

Alors qu’en 2018 j’étais parti pour ressasser en boucle le catalogue périmé d’artistes noise-rock dont je vante perpétuellement les mérites, j’ai fait l’étonnante découverte de Wednesday Campanella. S’il ne m’a pas directement plu à la première écoute, celui-ci m’a grandement interpellé (qui plus est, c’était l’affaire d’une demi douzaine de chansons avant que je tombe amoureux de leur son).

Présentation du groupe

Wednesday Campanella (connu sous le patronyme Suiyōbi no Campanella au pays du soleil levant) est un groupe de J-pop, agrémenté de dance et de hip hop. Ce savant mélange éclectique de références surprend agréablement mes oreilles de néophyte. Le groupe se repose sur la chanteuse KOM_I autant pour la structure des morceaux, qui seraient bien vides sans sa performance vocale, que pour la présence scénique qu’elle assure à 100% (le groupe est pourtant composé de 3 personnes, Hidefumi Kenmochi, Dir.F et KOM_I).

Influences musicales

Je n’ai cité ci-dessus que les influences évidentes du groupe, mais c’est loin de s’arrêter là. Au fil des morceaux le groupe pioche à droite et à gauche des inspirations très variées. Il y a des morceaux acoustiques, des influences drum&bass, des percussions… L’expertise de Kenmochi, qui compose les instrus, est assez impressionnante. Son domaine de prédilection reste le trip-hop, avec des compos où le piano est souvent mis en valeur. Si je devais lui trouver une influence reconnaissable, je ferais le grand écart jusqu’à Nujabes, mais je dois bien avouer que mon faible intérêt pour la scène hip hop japonaise n’aide pas à trouver de référence plus pertinente.

Visuellement Fabuleux

Au delà d’une musique à la fois bien maîtrisée et assez osée, ce qui frappe chez Wednesday Campanella, c’est leur identité visuelle : Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est touffu. On passe des clips à la mise en scène simple, mais efficace comme “Dracula” qui illustre la vie d’une famille de vampire, du papy à la petite dernière (trop choupi :3) aux expériences visuelles surchargées d’effets, en passant par des clips en stop motion. Y’a une envie évidente d’expérimenter, et ça me plait.

Le groupe s’efforce aussi (et c’est TRES important à mes yeux) de proposer des performances lives marquantes. Entre les lives ou KOM_I surfe sur la foule dans un genre de boule de Hamster, ou les live intimistes de son passage en France ou elle se met en scène sur un escabeau, rien ne laisse indifférent.

LALALAAA JE SUIS DANS UNE GROSSE BOULE

Ça ne vous aura pas échappé, il y a 3 membres dans le groupe. On a KOM_I au chant (elle s’investit également depuis peu dans la composition), Kenmochi est à la composition des instrus, donc que peut bien faire Dir.F ? C’est tout bêtement le manager de la petite troupe, et quand on voit le soin apporté à leur communication visuelle et à la réalisation des clips, c’est légitime de l’inclure dans la formation.

Vous voyez, je vous ment pas, ils sont 3

Chaque clip est sujet à une expérimentation visuelle, et le manque de moyens de leur début n’entache en rien leur impact. Le clip de Diablo (<3) ci-dessus en est un très bon exemple, les idées visuelles se succèdent dans le clip au même rythme que dans la musique, même si tout n’est pas bon à prendre, on a du mal à ne pas trouver son compte dans ce foisonnement d’idées, c’est essentiellement ça qui fait le charme du groupe à mes yeux.

Bon aussi, depuis le début j’en parle comme une petite pépite indé, mais ces dernières années, la popularité du groupe a explosé. Les performances scéniques de KOM_I, le soin apporté à la production, et l’atmosphère bizarre qui s’en dégage a boosté la popularité du groupe sur internet. Aujourd’hui, le groupe surfe sur cette popularité pour signer des partenariats commerciaux juteux, et leurs moyens de productions suivent la cadence. Les clips, à partir de l’album “Zipangu” ont disposé de budget beaucoup plus importants, et ça se voit à l’écran.

Le clip de Baku est particulièrement inventif et réussi

Ouais, mais quand même hein

La rançon du succès étant que certains partenariats commerciaux, assez évidents dans certains clips, ont poussé une partie de leur fanbase à crier aux vendus. Je vous laisse vous faire votre propre avis sur la question en lisant cet article, mais franchement ça me semble assez capillotracté de penser que :
– un artiste se doit de vivre d’amour et d’eau fraîche
– les exemples cités dans cet articles sont des partenariats “camouflés” via placements de produits implicites
Le clip de “Medusa” se passe dans un Parco en effet, d’ailleurs on voit le nom de l’enseigne à la fin, ainsi qu’un immense wording au milieu de l’écran. On a fait plus camouflé comme placement de produit implicite. Quant à la campagne de promotion pour la région d’Hokkaido dans “Shakushain”, on parle pas d’une marque, mais d’une région du Japon. :/ On est loin du capitalisme décomplexé là, et pareil, c’est évident des paroles de la chanson jusqu’aux panoramas filmés, j’ai du mal à saisir la critique encore une fois.

Je veux bien admettre, par contre, que pour “Chupacabra”, aucune mention explicite de la marque redbull n’a été faite, qui plus est les visuels du clip mettent en scène une injection du produit qui s’apparente à l’injection de narcotiques autrement plus puissants, un message que je ne peux évidemment cautionner.

Conclusion

Mais ne vous laissez pas décourager par cette infime goutte d’eau que je verse dans mon énorme saladier de vin, Wednesday Campanella c’est avant tout mon remède quotidien contre la mauvaise humeur, ayez au moins la curiosité d’aller découvrir quelques clips, l’image comme la musique vaut vraiment le détour, et comme à mon habitude je vous laisse un petit top 3, parce que j’aime à croire que mes goûts musicaux sont un genre de référence. J’aurais aimé faire un top 3 centré aussi bien sur la vidéo que sur la musique, mais c’est avant tout un artiste musical, je vous laisse donc mes CHANSONS préférées, pour des jolis clips allez fouiller youtube un peu (Une piste de départ : Kamehameha the great, Ono Imoko, Jeanne d’Arc, Dracula, Mitsuko):

 

3 – Shakushain :

2 – Momotaro :

1 – Diablo (remonter dans le corps de l’article)

C’est tout pour aujourd’hui, soyez heureux, écoutez du Wednesday Campanella.

2 Replies to “Wednesday Campanella – Weird hip pop”

  1. Hello Super Frigo. Merci pour la mention dans ton article.

    Je tiens à réctifier quelque chose. Je ne critique pas nécessairement l’approche commerciale de Suiyoubi no Campanella. J’adore leur musique et leurs clips sont tous plus dingues les uns que les autres.

    Je relève uniquement quelque chose qui me semble curieux et qui n’a pas vraiment d’équivalent : Un groupe indé qui fait presque systématiquement des partenariats avec des grandes marques. Tu noteras d’ailleurs que l’article date un peu et qu’il faudrait que j’y apporte quelques mises à jour.

    En tout cas, très bon article. Je mets NGS dans mes favoris.

    A plus.

    1. Salut, et merci pour ta réponse.

      C’est vrai que c’est une approche peu commune, citer ton article m’a d’ailleurs permis de mettre en lumière cette approche décomplexée des partenariats 🙂 Je trouve que ça leur corresponds bien.

      J’avais pas fait plus gaffe que ça à la date de ton article, mais qu’ils aient percés entre temps ne change rien au fond de la question des partenariats commerciaux je pense, surtout s’ils s’y adonnent depuis leurs débuts.

      C’était aussi pour nuancer mon dialogue beaucoup trop positif que je t’ai mentionné, ravi du coup que tu le prenne avec autant de philosophie.

      Merci !

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