manga

Titre original : Suiiki Genre(s) : Seinen Auteur : URUSHIBARA Yuki État : Fini Studio/Éditeur : Afternoon Nombre d'épisodes : 12 Existe en anime : non
Underwater – Le village immergé

Underwater – Le village immergé

Article écrit par marinecelebrian

Par un été étouffant, alors que d’importantes restrictions d’eau frappent le Japon, la jeune Chinami s’évanouit pendant un entraînement d’athlétisme. Mais lorsque la collégienne se réveille, elle se trouve sur les berges idylliques d’une rivière aux eaux cristallines. Autour d’elle, un village paisible, où seuls vivent encore un vieil homme et un petit garçon. Ce lieu mystérieux, qui lui semble étrangement familier, va petit à petit lui livrer ses nombreux secrets… (Résumé Ki-oon).

Manga lu dans le cadre du Challenge Manga-Suki

Thème de mars : un manga avec un message sur l’environnement

Retrouvez ces articles sur le blog : partie I et partie II .

 

Underwater ~Le village immergé est une œuvre formidable, magnifique, de Yûki Urushiba, traitant avec douceur de nombreux thèmes aussi différents les uns des autres, comme le deuil, la connaissance de ses origines ou encore la famille. Mais il se dresse aussi un message subtil : pour que cet univers, ce cocon, cette vie existe, encore faut-il que la vitesse de développement, le désir de s’étendre et de faire tout toujours plus grand de l’Homme ne détruise pas tout. Sans pour autant porter un véritable jugement critique, on peut remarquer une pointe d’amertume au travers des personnages. Ils ne souhaitent pas abandonner leurs maisons, leurs souvenirs, pour le désir d’une société capitaliste prête à détruire toute une zone pour répondre à une demande. Qui est vraiment en cause dans tout ça ? Nulle réponse ici, juste notre conscience qui nous interroge.

  • Des oppositions en pagaille

Si nous devions nous arrêter à une première lecture superficielle, nous remarquerions que ce manga met en évidence de nombreuses oppositions. La plus frappante est la différence entre ce monde réel, qui souffre d’une sécheresse intense, et ce monde onirique, que voit Chinami, qui subit des précipitations importantes depuis longtemps. Il y a également la rupture entre la réalité et le rêve, dans lequel nous plongeons parfois assez abruptement dans le premier volume. Il se dégage des ambiances très différentes entre les deux : le monde réel est angoissant, étouffant, difficile à vivre, tandis que le monde onirique est calme, reposant, tranquille, et presque vide. On ressort presque aussi détendu de ce monde que Chinami lorsqu’elle se réveille. Enfin, on découvre petit à petit une opposition passé/présent. Mais je ne m’étalerai pas spécialement dessus. Disons juste que toute la saga familiale de Chinami est traitée dans ce manga. Mais petit à petit, toutes ses oppositions deviennent de moins en moins fortes. Une union entre chaque extrême se met en place, permettant d’actualiser et de comprendre la vie de la famille de Chinami.

  • Une véritable chronique familiale

Nous allons découvrir avec Chinami l’histoire de sa famille, qu’elle ignorait complètement jusque là. Elle va découvrir des mensonges, des secrets, qu’elle ne pouvait envisager. Cela va lui permettre de mieux comprendre la situation actuelle de sa mère et de sa grand-mère. Cette chronique commence durant la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à une période qui ressemble à notre époque. Elle est naturellement poignante du début jusqu’à la fin. La capacité de la mangaka de traiter des sentiments, de la beauté des faits, et de les mettre en évidence rend le tout doux et fort à la fois. Cette histoire est merveilleuse et pleine d’émotions.

  • De nombreux thèmes abordés

Bien évidemment, la famille reste le thème principal. Mais d’autres aspects ressortent lors de la lecture. Tout d’abord, il y a tout un développement autour du deuil, très présent et en lien avec un secret de famille. Mais ce thème est aussi étendu jusqu’au deuil de son village d’origine : ce départ, douloureux, insoutenable parfois, mais contre lequel on ne peut rien, sauf se souvenir et réapprendre à vivre ailleurs. La douleur semble en effet aussi importante et insupportable dans les deux cas. Mais il faut continuer de vivre malgré tout. Ceci rejoint un autre message, celui de vivre malgré les aléas de la vie et les épreuves qu’elle peut imposer. La vie est importante, que ce soit vivre avec soi ou vivre pour sa famille. Enfin, le manga rappelle l’importance de connaître ses origines. Chinami évolue, apprend, comprend, et semble heureuse de savoir la vérité.

  • Conclusion

Underwater ~ Le village immergé est une véritable petite fable, avec sa dose de surnaturel. La mangaka, connue en France notamment pour Mushishi, réutilise quelques thèmes de son précédent manga, de part son côté fantastique et la présence d’un Dieu de l’eau (nommé Ryujin). Le dessin est beau, les traits sont fins, et Urushibara joue très bien avec les nuances de gris. L’utilisation intelligente des trames nous permet de nous immerger dans les rêves de Chinami. Cela nous permet de douter comme elle, de ne plus savoir si elle rêve ou non. Enfin, les décors sont précis et magnifiques. Bref, que ce soit par les dessins ou par la douceur de l’histoire qu’il raconte, ce manga est une petite pépite à lire de toute urgence !

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