manga

Titre original : Gin no saji - 銀の匙 Genre(s) : Shonen | Comédie - School Life - Slice of Life Auteur : ARAKAWA Hiromu État : En cours Studio/Éditeur : Shogakukan Année de parution : 2011/04/06 Existe en anime : oui
Silver Spoon

Silver Spoon

Article écrit par marinecelebrian
Gin no Saji – Hiromu Arakawa

Introduction

Yûgo Hachiken est un adolescent qui décide de quitter la ville (et surtout son domicile familial) pour s’inscrire dans le lycée agricole Ohezo au fin fond de Hokkaïdo, persuadé que la vie y sera facile, et qu’il sera le premier de classe. Malheureusement pour lui, les cours spécialisés et la vie sur le campus seront bien plus compliqués que prévu ! Va-t-il s’adapter à cette nouvelle vie ?

Manga relu dans le cadre du Challenge Manga-Suki
Thème de janvier : un nouveau départ 
Retrouvez ces articles sur son blog : partie 1 ; partie 2 ; partie 3 .  

 

  • Pourquoi ce manga ?

Yûgo est un élève de seconde qui décide de tout plaquer pour fuir le domicile familial. On assiste alors à un véritable nouveau départ, même si cela semble au début plus proche d’une crise d’adolescence, avant d’en apprendre un peu plus. Il se retrouve alors loin de la ville, de son confort et de ses parents. Cette nouvelle vie va l’obliger à faire face à ses préjugés, aussi bien sur l’agriculture en général, mais aussi à propos des élèves issus de ce milieu. Même si certains semblent un peu bêtes, ils ont tous un objectif à atteindre. Ils doivent faire face aux difficultés financières, aux épidémies, au marché international et bien évidemment en tant qu’éleveur, à la vie et à la mort. Yûgo, issu d’une famille plutôt aisée, ne peut imaginer leur situation, et complexera car il n’a aucun objectif contrairement à eux. Il apprendra avec le temps à se comprendre, à savoir ce qu’il veut, et donc à bâtir son avenir. C’est donc un véritable parcours initiatique dans la campagne japonaise. Bienvenue à la ferme !

 

  • Les relations familiales : grandir et s’imposer face à ses parents

Elles sont clairement la base du manga. L’histoire commence avec la fuite du domicile familial par Yûgo pour le lycée agricole d’Ohezo, qu’il choisit uniquement pour son internat et sa distance avec Sapporo, d’où il vient. La première rencontre du lecteur avec ce père, plutôt tardive d’ailleurs, correspond à la vision dont Yûgo en a : un père froid, ne cherchant que la réussite, et qui ne mâche pas ses mots à propos de son fils, qu’il rabaisse. Même quand il est de passage rapide par chez lui, Yûgo s’oppose à son père, mais il assumera avec le temps sa nouvelle vie à la campagne, et finit par ne plus considérer son départ uniquement comme une fuite, mais comme une véritable renaissance.

Le frère aîné de Yûgo n’est pas mieux : insouciant, il a abandonné la fac (très réputée en plus). Il considère avoir fait ce que son père voulant en réussissant le concours d’entrée, mais il s’oppose à lui pour le reste. Il veut juste vivre sa vie comme il l’entend (et c’est un peu dangereux pour son entourage, je vous laisse le découvrir par vous-même…).

Mais la vie familiale est difficile pour tout adolescent qui se respecte. Ainsi, il n’y a pas que Yûgo qui doit s’opposer à sa famille. Aki, camarade de classe proche de Yûgo, est fille unique et donc destinée à hériter de la ferme familiale. Mais elle a d’autres rêves en tête, qu’elle mettra du temps à avouer à sa famille. Son but est difficile à atteindre, et c’est Yûgo qui fera tout ce qu’il peut pour l’aider dans ses études, à la demande de la famille d’Aki.

Enfin, Ichirô, autre élève de la classe d’Aki (qu’il connaît depuis son enfance) et Yûgo, doit aussi faire face aux difficultés familiales, bien plus tragiques pour lui. Orphelin de père, il prend la décision de soutenir financièrement sa famille lourdement endettée, abandonnant alors tout rêve.

 

  • Apprendre et s’intégrer

Le premier contact avec ses camarades est difficile : ils ne font pas partis du même monde, n’ont pas les mêmes habitudes, ni les mêmes points de rendez-vous (qui, en ville, risquerait des heures de colle pour aller voir une machine agricole?!). A la base, il croit qu’il se dirige vers une vie facile entourée de crétins et qu’il va être premier partout, sauf que… Tout ne se passe pas comme prévu, puisqu’il a beau être en tête au classement général, il n’est premier dans aucune matière.

De plus, il a un réel sentiment d’exclusion de nombreuses fois au cours de l’histoire : tous ses camarades ont soit un rêve, soit un avenir professionnel tout tracé en reprenant l’exploitation agricole familiale, alors que Yûgo est totalement perdu.

Son intégration est vraiment compliquée, jusqu’à ce qu’il fasse une fête « pizza », plat inconnu pour eux (oui, tout tourne autour de la bouffe dans ce manga.). Mais c’est aussi grâce à sa motivation à bien faire, à son courage dans cet environnement difficile lorsqu’on n’y connaît rien, qu’il aura le respect de ses camarades mais aussi de ses professeurs. Il sera aussi apprécié dans la famille d’Aki, lorsqu’il viendra aider pour les travaux estivaux. Il y gagnera sa première paie, même s’il ne se sent pas méritant à cause de ses nombreuses erreurs (dont une très grosse) : il apprend ainsi la vie à la ferme, ce qui semble normal (même si embêtant) pour l’entourage, mais qui est insupportable pour Yûgo. Il évolue alors petit à petit, prenant de plus en plus de responsabilités (parfois trop, ce qui le conduira à dépasser ses limites), même si certaines sont prises car il ne sait pas dire non. Même ce point changera quand il aura des objectifs à atteindre.

Mais Yûgo n’est pas le seul à changer. Ses idées, ses points de vue, sa perception des choses, unique pour eux, changera la vision de ses camarades. Ils commencent ainsi à réfléchir à la façon de mieux traiter les animaux et la viande principalement.

Bien évidemment, la notion d’amitié est extrêmement importante. L’internat, obligatoire en seconde, rapproche forcément les élèves, de même pour les clubs. Malgré le départ de la plupart d’entre eux dans des appartements privés en première, ils restent très proches les uns des autres. De plus, ils savent qu’ils peuvent être de potentiels collègues ou collaborateurs.

Par contre, l’aspect « amour » est franchement moyen : c’est long, on a envie de claquer deux d’entre eux pour qu’ils se réveillent… Allez, il reste 2 volumes en théorie, ça devrait enfin bouger un jour !

 

  • Point de vue de la vegan

Ça en a choqué quelques-uns, mais c’est compréhensible : être vegan et lire un manga sur l’agriculture, wtf comme qui dirait ! Bref, je vais vous expliquer un peu pourquoi, même si ça me dégoûte clairement parfois, certains aspects sont importants pour moi.

Comme déjà dit, Yûgo est clairement le pur citadin, presque cliché : il ne connaît rien de la vie à la campagne, à tel point qu’il ignore même la provenance des œufs. Ça en choque certains, mais c’est malheureusement plausible : de nombreux enfants aujourd’hui ne savent pas ce genre de choses (ou encore les différents légumes). Il y a donc une véritable question sur la vision de l’élevage, de l’alimentation carnée, qui est totalement faussée dans nos sociétés dites développées.

Ce que j’admire aussi réellement dans ce manga, c’est la vision de l’élevage. Il n’y a aucun jugement, certes, mais rien n’est caché non plus. Arakawa, en nous montrant l’élevage en batterie des cochons et des poules, fait le contraire de ce que peuvent faire certains industriels français (entre autres). Il n’y a aucun tabou, et les pour et les contre sont exposés. Dans le même genre, elle compare les fermes familiales et industrielles : encore une fois, aucun point de vue (ou très peu) n’est mis en avant, laissant chacun se faire sa propre opinion, en se basant sur les arguments de chacun des protagonistes.

Enfin, la chasse est aussi abordée : encore une fois, elle semble logique pour protéger les exploitations. De même, les habitants du fin fond de la campagne n’hésitent pas à se nourrir des animaux renversés, considérant que rien n’est perdu, et empêchant surtout que d’autres leur roulent dessus. On approuve ou non, mais au moins, on est mis face à la réalité.

Il y a même des petites références au végétarisme. Encore une fois, aucune critique, certains élèves considèrent même que c’est logique quand on voit l’animal se faire tuer en abattoir. Des pistes pour que chacun se fasse sa propre réflexion sont proposés « De quel droit tue-t-on et mange-t-on des animaux ? » : aucune réponse n’est donnée (Arakawa, issue d’une famille d’agriculteurs, est loin d’être vegan à mon avis), et chacun voit midi à sa porte.

 

Conclusion :

Silver Spoon est donc une véritable ode à l’adolescence et à l’agriculture. Sans être extraordinaire, l’évolution des personnages est intéressante, et ceux qui sont intéressés par l’agriculture ou plus largement le milieu agroalimentaire seront ravis. L’humour de la mangaka est toujours présent et efficace (et y’a même une référence à Fullmetal Alchemist!). Elle sait faire évoluer son manga en phase avec la réalité (Yûgo fait un don pour les victimes du tremblement de terre du Kohoku de 2011). Le trait et le découpage sont toujours aussi efficaces, et certaines planches sont extrêmement puissantes.

Bref, je conseille si vous avez le cœur bien accroché face à l’industrie agricole en général !

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