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Titre original : Shirahata no Shoujo Genre(s) : shojo Auteur : Miyauchi Saya / HIGA Tomiko État : Fini Existe en anime : null
La fillette au Drapeau Blanc

La fillette au Drapeau Blanc

Article écrit par marinecelebrian

Résumé : Avril 1945, Okinawa. Tandis que le Japon est entré en guerre depuis quelques temps déjà, la petite île tropicale nippone semble encore épargnée par les conflits. C’est là-bas que vit la petite Tomiko, dans la joie et la bonne humeur, malgré l’absence de sa mère. Pourtant, quand les bombardements commencent et que son père doit partir sur le front, son quotidien bascule et… Désormais, il lui faudra survivre… Survivre, envers et contre tout !! (Editions Akata)

Manga lu dans le cadre du Challenge Manga-Suki
Thème du mois de mai : un manga avec un enfant comme personnage principal
Retrouvez ces articles ici : partie I, partie II

Le mois dernier, j’ai tenté de vous faire rire avec un manga un poil WTF. Ce mois-ci, c’est totalement l’inverse : seuls ceux qui n’ont pas pleuré devant le Tombeau des Lucioles ne seront pas touchés par La Fillette au Drapeau Blanc. Oui, je sais, avec le thème de l’enfance, j’aurai pu choisir un titre joyeux. Mais non. Acceptez-le, je suis sadique. Bref, abordons le cœur du sujet…

Une oeuvre si proche de la réalité

Ce manga est une œuvre biographique : elle raconte l’histoire de Tomoko Higa, petite fille dont la photo, faite par le photographe militaire John Hendrickson en juin 1945, a fait le tour du monde. Elle avait d’abord écrit un roman autobiographique 40 ans après les événements, avant que Saya Miyauchi ne l’adapte en manga, en 2005. En 170 pages, la mangaka expose environ 2 mois de vie de l’enfant. Oui, seulement deux mois. Pourtant à la lecture, on a l’impression que ça dure très longtemps. C’est difficile à imaginer comment une enfant a trouvé le temps long…

Okinawa ne subit pas la guerre du Pacifique tout de suite. Et c’est dans cette ambiance encore joyeuse (même si tout le monde est bien conscient que ce n’est que temporaire) que nous arrivons dans l’histoire. Même si Tomoko a perdu sa mère, son père, ses sœurs et son frère encore présents dans le domicile familial, l’aident à combler ce manque. Malheureusement, les choses changent vite. Alors que le père doit aller à Makabe pour faire le plein de provisions pour l’armée, il ne revient pas. C’est le début d’une véritable chute en enfer pour les 4 frères et sœurs, qui doivent fuir vers le sud et abandonner leur maison. Mais le pire est à venir, quand Tomiko est séparée du reste de sa famille. Elle se retrouve alors seule, devant apprendre à survivre entre les bombes et dans la nature à seulement 6 ans…

Une guerre, des horreurs

La vision de la guerre n’est absolument pas édulcorée. Les scènes de violence, de bombardements, les cadavres, les blessés, tout est montré. On voit la guerre dans toute son horreur. De plus, il n’y a aucun manichéisme : les américains ne sont pas les seuls méchants. Comme dit Tomoko, les soldats vivants font peur : les américains, certes, mais surtout les japonais, qui osent tuer des civils, se tuer entre eux (même si y’a une raison que Tomoko ne peut comprendre). La petite fille doit faire face aux violences, et surtout à la folie humaine.

C’est ce qui rend le tout déchirant : Tomoko n’est qu’une petite fille, mais elle doit survivre dans cet environnement. Et pour cela, elle s’attache à ce qu’elle peut pour tenir : les souvenirs des paroles de son père, le réconfort qu’elle arrive à trouver comme elle peut avec un lapin et même des fourmis… Le désespoir est partout, et il est impossible pour elle de se nourrir et de boire à cause des cadavres, mais aussi grâce aux cadavres (les soldats ont toujours de la nourriture sur eux…). Mais le plus horrible, c’est quand cette petite fille exprime son envie de mourir : c’est affreux. Elle finira par retrouver le courage grâce à une ultime rencontre…

Mais un côté humain bouleversant

Car oui, il n’y a pas que de l’horreur, de l’immonde, de l’intolérable. Il y a une petite dose d’espoir. Tout d’abord au travers le regard de cette petite fille qui cherche malgré tout à s’en sortir, qui croit au destin, à sa chance, et qui pense à sa famille, aussi bien décédée que vivante. Et son ultime rencontre avec un vieux couple, un homme tronc et une femme aveugle, va l’aider pour reprendre espoir en la vie.

Comme vous pouvez donc le remarquer, La fillette au Drapeau Blanc est un récit très juste, humain, mais aussi très éprouvant à la lecture. La mangaka a un très bon cou de crayon et les décors sont d’une richesse incroyable. Pour améliorer le côté témoignage et rendre le tout plus réaliste, le manga présente des photos d’archives. L’édition d’Akata est de très bonne qualité, comme d’habitude, on y trouve même quelques bonus sur la création du manga.

Conclusion

Bref, je ne peux que conseiller ce manga, si vous aimez les témoignages, et si vous avez le cœur accroché. Mais il vaut le coup d’œil, pour tous les âges. Vraiment. Surtout qu’il est toujours extrêmement d’actualité, malheureusement. Les enfants sont des victimes des guerres, et nous en voyons bien trop souvent à la télévision…

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